
Exclusions du chômage :
le gouvernement fédéral doit d’urgence revoir sa copie pour les parents d’enfants en situation de handicap sévère !
Avec la Ligue des Familles et la Fondation SUSA, notre ASBL lance un appel solennel au gouvernement fédéral à faire preuve d’humanité en suspendant de toute urgence la réforme du chômage impactant les familles d’enfants porteurs d’un handicap lourd, qu’elle va jeter dans une précarité inacceptable.
Leur exclusion du chômage commencera au 1er mars, ce qui laisse encore largement le temps d’agir pour empêcher les drames humains que cela va provoquer ! Il est urgent aussi de créer un vrai statut pour les aidants-proches, qui les mettra à l’abri de pareilles injustices.
D’ici fin juin, plus de 180.000 demandeurs d’emploi seront exclus de leur droit aux allocations de chômage. Cette mesure linéaire a refusé de tenir compte de certaines situations particulières. Elle va pourtant entraîner des conséquences dramatiques et profondément inhumaines en jetant, dès les vagues d’exclusion prévues à partir de mars, plusieurs milliers de familles dans une précarité indigne d’un État démocratique. La réforme Clarinval ne tient en effet plus compte de nombreuses situations particulières, notamment familiales.
C’est le cas des parents d’enfants souffrant d’un handicap physique ou mental sévère, nécessitant une présence importante si pas constante du papa ou de la maman à leur côté. Faute d’aides sociales adéquates ou d’employeurs suffisamment compréhensifs, ils n’ont eu d’autre choix que de diminuer ou d’arrêter totalement le temps de travail d’un des deux parents, afin de pouvoir s’occuper de leur enfant et d’embellir au maximum son existence.
Beaucoup d’entre eux, après des années de travail qui leur avaient ouvert leur droit au chômage, ont pu bénéficier jusqu’à présent de la compréhension et de l’empathie des contrôleurs de l’Onem, au vu de leur situation familiale très particulière. Cela ne pourra désormais plus être le cas, puisque la loi impose à l’Office national de l’emploi de les exclure sans plus laisser de place au dialogue. Leur conjoint continuant à travailler ou étant propriétaires de leur logement, la plupart n’auront même pas accès au Revenu d’Intégration sociale (RIS), plongeant souvent l’ensemble de la famille dans une précarité terrifiante.
Avec la Ligue des Familles et la Fondation SUSA, notre ASBL lance un vibrant appel commun au gouvernement fédéral à revoir sa copie, en autorisant l’Onem à exempter les cas les plus lourds de la fin des allocations. Et ce dans l’attente d’un vrai statut pour les aidants-proches qui les mettra à l’abri de pareilles injustices.
Depuis des mois, de nombreuses familles dans le cas ont contacté notre ASBL. Ils ont en commun d’être les parents d’un enfant polyhandicapé, ce qu’ils assument avec un sens du sacrifice personnel et un amour formidables, mais chaque fois au détriment de leur capacité à conserver une vie professionnelle classique. C’est le cas de Dimitri et Julie, dont toute la vie tourne autour de leur fils Milan, qui est IMC et épileptique et dont le papa a dû renoncer à travailler pour s’en occuper à 100%, en ce compris la nuit par peur qu’il s’étouffe dans son sommeil. Il ne dort désormais plus avec la maman de son fils, mais avec lui. C’est aussi celui de Yana et Yves, qui consacrent également leur existence à embellir au maximum celle de leur fils Dimitri, porteur d’un lourd handicap moteur (photo ci-dessous). Ici, c’est Yana qui ne peut travailler qu’un jour ou deux par semaine, quand s’occuper de son fils Dimitri dont elle a la garde partagée lui en laisse le temps, le moral et l’énergie.

Le 1ᵉʳ mars, ce sera fini. La réforme Clarinval va les exclure du chômage. L’Onem n’aura plus son mot à dire. Et vu leur situation personnelle, ils n’auront même pas droit au RIS. Il ne leur restera que quelques aides minimes, dont des allocations familiales à peine majorées. Cela les plongera dans une détresse financière intenable. Révoltant et indigne.
Refus de dialogue du ministre
Depuis des mois, notre ASBL demandait des rendez-vous au ministre de l’Emploi David Clarinval pour l’alerter sur ces situations familiales très particulières et les conséquences dramatiques que sa réforme linéaire allait provoquer pour les parents d’enfants porteurs d’un handicap sévère. On lui demandait de faire une exception comme il a su le faire pour d’autres groupes sociaux. Mais il faisait le mort. Il a fini par nous répondre en personne. Pour refuser de même nous recevoir et de nous écouter !
Aujourd’hui, comme sans doute des centaines d’autres parents, Yves, Yana, Dimitri et Julie sont désespérés. La privation du minimum vital de revenus qui arrive va les plonger dans une détresse financière intenable. Faudra-t-il des drames humains pour que le MR et Les Engagés se décident enfin à bouger ?
Ils en ont pourtant encore tout le temps, d’ici au 1er mars. C’est à agir en ce sens que nous les appelons, aux côtés de la Ligue des Familles et de la Fondation SUSA.
Pour rappel, l’accord de majorité du gouvernement Arizona stipule : ‘ Les aidants-proches jouent un rôle très important. Il faut mieux les soutenir et renforcer leur statut et leurs droits’.
L’enquête 2023-2024 de Sciensano contient pas mal d’autres données statistiques intéressantes.
« Manifestement, ce n’est pas ce chemin qu’a pris la réforme du chômage jusqu’à présent », regrettent amèrement nos trois associations. « Mais il est encore temps d’agir d’ici au 1er mars pour éviter de jeter dans une précarité indigne celles et ceux qui se battent au quotidien avec une force et un courage qui forcent l’admiration et le respect afin d’offrir à leur enfant une vie malgré tout empreinte d’énormément d’amour. »
Au printemps passé, une enquête menée à la demande de la Ligue des Familles par l’institut Dedicated avait montré qu’une majorité de parents du Nord et du Sud du pays refusaient les exclusions du chômage face à des situations familiales concrètes. À l’affirmation « Les parents d’enfants en situation de handicap ne devraient pas être exclus du chômage », 67% des parents montraient clairement leur accord, et seuls 10% marquaient leur désaccord (23% ne se positionnaient pas).
Notre appel à agir en ce sens a fait l’objet de plusieurs reportages dans la presse de ce lundi 12 janvier : consultez notre Revue de presse.
Appel à témoignages
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