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Illu - rapport care genre et sante

On a lu pour vous …

Rapport de la recherche-action

CARE, GENRE ET SANTE DES FEMMES

Femmes et santé – PPSF – Année 2016

Le « care » est associé aux femmes, qui sont aussi la majorité des aidants. Comment se conjugue-t-il avec l’identité féminine et divers enjeux sociétaux (la (sur)charge familiale, le travail, morcelé) ?

Ces questions sont particulièrement intéressantes lorsqu’elles sont portées via différents groupes de femmes (racisées, âgées, jeunes mères…) Et d’autant plus cruciales qu’il est prouvé que la transmission (des normes, des comportements, des attitudes…) entre groupe sociaux et générations est réalisée par les femmes… Femmes dont les associations qui portent leurs voix, luttent pour qu’elles soient pleinement conscientes de leur contribution au « vivre ensemble », et par là-même, activent leur « pouvoir de changement » et d’émancipation.

Ce rapport « Care, genre et santé des femmes » est le fruit de la Plateforme pour Promouvoir la Santé des Femmes (PPSF), née en 2008.Celle-ci axe son travail sur la mise en évidence des liens entre Care, genre et Société. Ainsi, tous les 28 mai, journée mondiale d’action pour la santé des femmes, la PFSF porte des actions pour mettre en lumière ces thématiques[1].

D’où vient ce projet ? Lors des diverses activités menées par la PPSF, un constant « dénominateur commun » s’est diffusé : celui d’un épuisement moral et physique, directement en lien avec une « surcharge de travail ». Celle-ci résulte directement du rôle assigné aux femmes : celui du « care ». Celui-ci se décline en plusieurs axes : une attention portée à autrui, la responsabilité que cette attention engendre, et les activités concrètes qui en découlent. Ce « rôle » assigné est le fruit de mécanismes sociaux, collectifs, individuels. En avoir conscience, en tant que femme, c’est une manière de pouvoir « voir » tout ce que cela implique : ainsi, la prise en charge des proches vulnérable est synonyme d’une surcharge banalisée (« c’est normal, ça va de soi » …). Mais les conséquences, elles, sont sans appel, en particulier sur la santé. Et que dire lorsque ces femmes, se retrouvent dans des situations de précarité (cheffe de famille monoparentale, femme âgée, migrante, malade…)

Face à ces constats, la PPSF a lancé, avec des partenaires, le projet d’une « recherche-action » visant à éclairer la manière dont le « care » se ventile entre hommes et femmes, lors de certaines étapes-charnière de la vie : l’arrivée d’un enfant, l’intergénérationnel… Mais aussi la place des hommes dans le care, les projets innovants portés par des citoyens, qui réfléchissent aux enjeux d’un « care » équitablement distribué dans nos sociétés actuelles. Les résultats de cette « recherche-action » ont été présents le 28/05/16, pour être un tremplin aux échanges et à la poursuite de la recherche.

Etant donné notre ADN centré sur « l’aidance », nous avons ciblé les passages de ce rapport où celle-ci s’articulait au care et au genre. L’aidance apparait tout d’abord lors d’un échange avec un groupe d’adolescentes. L’occasion pour les rapporteurs, de rappeler qu’il existe de nombreux « jeunes aidants » de 5 à 25 ans, qui réalisent (déjà) une série de tâches de care à domicile : préparer les repas, s’occuper de la fratrie, apporter un soutien moral à un parent en difficulté… « Cette aide est telle qu’elle engendre une fatigue accrue, des sacrifices et un oubli de soi chez le-la jeune. Une analyse de genre des jeunes aidant-e-s proches et des mécanismes sous-jacents serait intéressante à réaliser afin de comprendre les facteurs sociétaux qui induisent une telle charge » (p.25).

Bien que non mentionnée en tant que telle, la part de l’aidance chez les femmes de 60 ans, qui clôturent leur vie professionnelle (une émancipation née du mouvement de mai 68) mais restent assignées à un « care » familial, apparait en filigrane dans le rapport. Ces femmes disent souffrir du manque de reconnaissance de tout ce travail de « prendre soin », qui conduit à la fatigue, parfois à la perte d’estime de soi. Attendant la retraite pour se (re)découvrir, investir de nouvelles activités, elles aspirent parfois à délaisser la charge que représente la famille élargie. Mais cela n’est pas toujours possible. Tout comme les femmes qui, isolées, expriment un sentiment de solitude, peu entendu. L’originalité des autrices du rapport est d pointer le fait que ce « care » non-reconnu, non-valorisé, que ces femmes ont dispensé pendant des années, n’est pas une source de réseau social et de soutien. L’enjeu est alors de les encourager à s’émanciper en participant à « l’espace public », alors qu’elles ont été si peu invitées à le faire par le passé.

Ce qui est « parlant », c’est de voir que lorsque 3 associations (Atoutage, Entr’ages et Réseau intergénérationnel Courants d’âge) se questionnent sur le « vieillissement de la santé des aidant(e) proches », elles se voient forcées de réorienter leur réflexion vers un paradigme « intergénérationnel » par manque d’« attractivité » du sujet. Parmi les préconisations du groupe revient l’idée que « politiser le care » permettrait sans doute de d’encourager, par ricochet, des politique publiques innovantes, dans le soutien aux aidant(e)s proches. Cela passe par des axes que l’ASBL Aidants Proches défend elle aussi : l’individualisation des droits sociaux, une meilleure articulation temps de travail-temps familial, un soutien renforcé de la part des politiques, ne serait-ce qu’à l’échelon communal…[1]

En conclusion, le « care » est bien présent chez toutes les femmes, quels que soient leur milieu social, leur origine, leur âge. Il « infuse » également dans tous les niveaux de la société : depuis la sphère familiale en passant par le monde politique, les mouvements associatifs ou le domaine professionnel. Pour être visibilisé, il doit pouvoir être relayé par tous les médias possibles : réseaux sociaux, formations, enseignement, politique publique… Il en va de la société que nous voulons construire, pour demain. Selon les auteurs, « la révolution du care sera lente, mais sera ! ». Or, les caractéristiques propres au care sont tellement proches de celles des « aidants proches »que nous ne pouvons donc que rejoindre et soutenir leur constat : « la révolution de l’aidance sera lente, mais sera ! ».

[1] Cf. à ce sujet les revendications de l’ASBL Aidants Proches dans son mémorandum – 2019.
[2] Cf. https://www.femmesetsante.be/activites/

llu - rapport care genre et sante

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